Digital Commons Take Centre Stage at NGI Forum 2025 Ouverture à Bruxelles

Le 19 juin, NGI Commons a donné le coup d’envoi du Forum NGI 2025 à Bruxelles. En tant qu’événement phare de l’initiative de la Commission européenne sur l’internet de nouvelle génération (NGI), le forum a réuni des experts, des décideurs politiques, des chercheurs et des innovateurs pendant deux jours de collaboration et de discussion axés sur la construction de l’avenir numérique de l’Europe.

Le forum a souligné l’importance des communes numériques. Loin d’être de simples atouts techniques, ils ont été mis en avant comme des infrastructures essentielles pour faire progresser la souveraineté numérique de l’Europe. À ce titre, l’événement a offert une plateforme pour examiner comment l’innovation peut être plus efficacement alignée sur les valeurs publiques et le leadership politique.

«Les biens communs numériques ne sont pas seulement des éléments technologiques; il s’agit d’une infrastructure critique pour la souveraineté numérique de l’Europe et l’autonomisation de tous les citoyens. Le forum NGI 2025 nous a donné l’occasion de discuter de la manière dont nous pouvons créer un paysage de financement européen plus cohérent qui relie les secteurs public et privé.», commente Monique Calisti, PDG de Martel Innovate, coordinatrice de l’initiative NGI Commons.

Session Spotlight: «Communes numériques: Outils pour renforcer la souveraineté numérique»

Modérateur: Dr. Monique Calisti, cette session a porté sur les défis pratiques et les principes philosophiques sous-jacents de la transition numérique de l’Europe.

Sean Bohan, faisant actuellement office d’architecte communautaire à la Fondation Open Wallet, a présenté une note d’orientation convaincante sur l’interopérabilité des biens communs numériques. Au cours de son intervention, il a réfléchi à une question qui lui avait été posée une fois alors qu’il travaillait à Mozilla: À quoi ressemblerait un meilleur internet? Cette question a probablement permis d’appréhender la valeur fondamentale qui a résisté à tous les panneaux lors de l’événement. Sean a également souligné l’importance des portefeuilles numériques interopérables, en les appelant les navigateurs de l’avenir et les infrastructures publiques essentielles. À la suite de son discours, la table ronde a donné lieu à des réflexions inspirantes.

  • Karin Lammers, un consultant indépendant a souligné la nécessité d’une résilience interne dans le cadre des projets open source. Elle a plaidé en faveur d’une meilleure gestion des processus, d’une meilleure documentation et d’un meilleur alignement stratégique, en remettant en question le recours continu à des outils non ouverts et en exhortant les communautés à tirer parti des «résultats à faible intensité de main».
  • Pascal Steichen, de la Maison de la cybersécurité de Luxembourg, présente le mantra «fonds publics, code public», mettre l’accent sur la cybersécurité en tant que couche fondamentale du développement de logiciels libres. Il a fait valoir que: autonomie stratégique— ce n’est pas seulement la souveraineté numérique qui devrait être l’objectif directeur, en donnant la priorité à la compétence et au choix plutôt qu’au contrôle.
  • Denis «Jaromil» Roio, de la Fondation Dyne.org, il a mis en garde contre la lenteur de la normalisation et les risques liés à l’ «hype de financement». S’exprimant en faveur de l’interdisciplinarité, il a proposé d’associer non seulement les décideurs politiques et les avocats, mais aussi les scientifiques et les philosophes à l’élaboration du paysage européen de la politique numérique.
  • Robbert van Kranenburg, Martel Innovate clôt la session en renforçant l’urgence autour de autonomie stratégique et la nécessité d’aborder la question de la souveraineté comme une préoccupation concrète et actuelle.

Faits marquants de la session: «Vers un agenda stratégique pour les communes numériques»

Cette deuxième session a permis d’élargir la discussion et de définir des stratégies politiques, de gouvernance et d’investissement essentielles pour l’avenir numérique de l’Europe.

  • Paul Keller de l’Open Future Foundation, a esquissé une triple évolution de la politique numérique de l’UE: s’engager fermement en faveur du code source ouvert, investir dans les infrastructures numériques et régir les communes numériques de manière inclusive. Il a plaidé en faveur d’une CIED Commons numériques et une réaffectation des fonds de l’innovation à la durabilité.
  • Lukasz Klejnowski contre, le conseiller du député européen Michał Kobosko a souligné que les marchés publics constituaient un levier politique essentiel pour orienter la demande vers des solutions européennes. Il soutient l’appel de Paul Keller à passer de la recherche à l’investissement dans les infrastructures, déclarant: «Chaque composante de l’écosystème est une infrastructure.»
  • Isabelle Zablit Schmitz, un expert en santé numérique a cité le rapport Draghi pour souligner que le numérique est la seule voie viable pour l’Europe. Elle propose de cocréer des services numériques essentiels entre les acteurs publics et privés, en demandant instamment l’alignement sur la feuille de route numérique européenne.
  • Robin Berjon, de la Fondation IPFS, a souligné que: «l’infrastructure définit la puissance», faire valoir qu’une véritable souveraineté passe par le contrôle des infrastructures numériques. Il critique le manque d’application de la législation sur les marchés numériques et appelle à renforcer l’autonomie et l’alignement des financements sur les besoins stratégiques à long terme.

Marchés publics et réglementation: Outils pour la souveraineté à grande échelle

  • Paul Keller a souligné la possibilité pour les marchés publics de rendre obligatoires des solutions interopérables, ouvertes et européennes, en créant des marchés numériques durables.
  • Lukasz Klejnowski contre a mis en évidence des déséquilibres dans les pratiques actuelles de l’UE en matière de marchés publics, qui favorisent souvent les prestataires non européens. Il annonce une prochaine révision de la directive de l’UE sur les marchés publics.
  • Isabelle Zablit Schmitz appelé règlement «l’outil le plus puissant de l’UE» soulignant l’importance d’une gouvernance et de cadres réglementaires coordonnés pour permettre une dimension européenne.
  • Robin Berjon est allé plus loin, en exhortant l’Europe à penser au-delà de l’interopérabilité et vers structures de pouvoir démocratiques intégré dans la gouvernance technologique.

La session a conclu que la réalisation de la souveraineté nécessite une coordination stratégique, un soutien institutionnel et une présence européenne plus forte à tous les niveaux de la pile numérique.

Quelles sont les prochaines étapes? De la vision politique à l’action stratégique

L’importance de ces débats en cours a été soulignée par la participation importante de représentants de la DG Connect de la Commission européenne. Au cours de l’événement, le directeur Thibaut Kleiner a prononcé un discours fort, réaffirmant le soutien sans faille de la DG Connect aux communes numériques et à la source ouverte en tant que piliers essentiels de la souveraineté numérique européenne. Son discours marque un tournant et décrit une voie stratégique à suivre.

Thibaut Kleiner souligne que l’Europe se trouve à un carrefour crucial et doit s’appuyer sur ses progrès actuels. Il souligne que la «souveraineté» est devenue un thème central dans les discussions mondiales sur la politique numérique, compte tenu notamment des préoccupations croissantes concernant les dépendances extérieures. Il souligne notamment que les grandes entreprises technologiques contrôlent actuellement 70% du marché européen de l’informatique en nuage. Malgré des efforts considérables dans l’espace open source, Kleiner a fait valoir que l’Europe n’a pas encore pleinement tiré parti de la valeur qu’elle crée. «Nous faisons le travail,«il a fait remarquer que:mais nous ne la monétisons pas«notant qu’une grande partie des avantages économiques qui en résultent sont captés par des acteurs non européens.

Conscientes de la dynamique et de l’énergie positive au sein de différentes communautés NGI, Thibaut Kleiner souligne l’importance de faire progresser les solutions durables et de développer les réalisations des communautés NGI en introduisant le concept de la cheminée de l’internet ouvert.

«Le forum NGI de cette année a réuni la communauté NGI et réaffirmé sa détermination à contribuer à la souveraineté numérique de l’Europe en construisant et en soutenant des biens communs numériques. Les voix de l’ensemble de la communauté ont souligné les principes fondamentaux qui sous-tendent le succès de NGI: ouverture, interopérabilité et ouverture technologique. Ceux-ci doivent devenir les piliers de la prochaine génération d’infrastructures numériques européennes»., commente Paul Keller, directeur de la politique à l’Open Future Foundation. 

Avec plus de 200 participants, le Forum NGI 2025 a été un succès retentissant. Bruxelles a accueilli de nombreuses discussions intéressantes et fructueuses sur les communes numériques et la recherche de solutions plus solides pour la souveraineté numérique de l’Europe.